Comment qualifier ce livre et par où commencer ?

Ma première impression est qu’écrire ce livre était thérapeutique pour Delphine de Vigan : qu’ « il fallait que ça sorte ». Le livre débute par le suicide de la mère de l’auteure puis sur les difficultés à écrire sur ma Mère Lucille.

Récits d’enfance : mère toujours enceinte et fatiguée qui préfère les bébés, mannequinat, pipis au lit, …  Lucille a du mal à trouver sa place dans cette famille nombreuse. Certes très belle, elle n’en est pas moins perturbée. Cette première partie biographique sert avant tout à poser la base pour la seconde qui sera bien plus ambivalente et noire, car Lucille va vite tomber enceinte, se marier et être de plus en plus malheureuse.

On avance ensuite au fil des pages dans la maladie de Lucille. Les crises, les internements, la bipolarité, les secrets de familles qui font mal et qui sont étouffés par chacun…. Même si Lucille va essayer de « refaire surface » en reprenant ses études et faire un métier où elle aidera les autres, les blessures restent et la mèneront jusqu’au suicide.

J’ai trouvé le récit plat comme si l’auteure cherchait à prendre de la hauteur, à se protéger.  Peut-être d’ailleurs qu’appeler sa mère par son prénom tout du long du roman est destiné à construire une sorte de mur.

Je ne doute pas que ce livre soit aussi un hommage, une volonté de dire « je t’aime » à titre posthume, mais je ne me suis pas sentie bien en lisant ce livre, j’avais l’impression d’écouter aux portes et de regarder par le trou de la serrure. Pour rédiger ce roman, qui a mon sens n’en a que le nom, Delphine de Vigan dit s’être heurtée à plusieurs reprises à sa famille mais pourquoi nous le dire ?

Certains passages sont vraiment dérangeants .J’ai failli abandonner ma lecture  à plusieurs reprises.

Pour finir, je pense que ce livre touche essentiellement les gens qui sont malheureusement concernés par ce type de situation mais personnellement à part me casser le moral …

Malgré tout, je retiens la force du pardon.  

 

 

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