Aujourd’hui je vous parle d’une de mes madeleines de Proust : Le papier d’Arménie.

L’odeur du papier d’Arménie me renvoie immédiatement une vingtaine d’année plus tôt, à une époque où j’en faisais brûler plusieurs fois par semaine à la maison. Quand j’ai commencé à travailler, j’en emmenais même au bureau pour être plus zen. Cette odeur me réconforte et me fait voyager dans le temps.

Savez-vous d’où vient le papier d’Arménie ?

Parce qu’en fait, il ne vient pas complètement d’Arménie. C’est une invention 100% française.

Lors d’un voyage en Arménie à la fin du 19eme siècle, Auguste Ponsot, chimiste de métier, remarque que les habitants parfument et désinfectent leurs maisons en faisant brûler du Benjoin. Le Benjoin est une résine qui provient du Styrax du Laos.

Auguste Ponsot décide d’adapter cette pratique en France avec l’aide d’Henri Rivier, pharmacien. Ils découvrent qu’en faisant dissoudre le benjoin dans de l’alcool à 90° on obtient une odeur persistante. Ils cherchent ensuite un support et optent pour le papier buvard.

Le Papier d'Arménie est rapidement couronné de succès, notamment à l'Exposition d'hygiène de 1888 et à l'Exposition Universelle de 1889.

Depuis 130 ans, la tradition du papier brun parfumé est restée intacte. C’est désormais l’arrière petite-fille d’Henri Rivier, Mireille Schvartz, qui est à la tête de l’entreprise.

L’atelier est implanté à Montrouge dans la banlieue parisienne et c’est le même atelier qu’il y a plus de 130 ans. La production est toujours artisanale et demande plus de 6 mois du début de la fabrication jusqu’à la commercialisation. La recette est tenue secrète mais on sait qu’elle est composée à 98% de Benjoin. L’entreprise compte 12 personnes dont 8 à l’atelier qui reproduisent avec amour un savoir-faire artisanal pour produire plus de 3 millions de carnets par an.

Le Papier d’Arménie  n’emploie pas de gaz propulseur, il est sans danger pour la couche d’ozone. Le papier buvard servant à fabriquer le Papier d'Arménie est certifié par le FSC, organisme international indépendant qui agit pour une gestion forestière responsable au niveau mondial.

Le Papier d’Arménie est reconnu pour ses vertus antiseptiques, cicatrisantes et expectorantes. Il est également réputé pour agir favorablement sur la gestion des émotions.

On lui attribue des forces purifiantes, chassant toutes les énergies négatives, il combat aussi les idées noires, il développe l’enthousiasme.

J’ai eu le plaisir de recevoir trois carnets différents.

Le carnet Triple : créé en 1885. Des notes sucrées, vanillées et balsamiques rappelant les senteurs de l’Orient.

Le carnet Arménie : Des senteurs d’encens et de myrrhe répondent à des notes boisées et vanillées. Il est né de la rencontre de Mireille Schvartz et Francis Kurkdjian, créateur-parfumeur de renom.

Le carnet la Rose : imaginé par Francis Kurkdjian, avec des roses importées d’Iran et de Turquie, il compose un diptyque olfactif porté par une rose gourmande et fruitée comme une confiture de pétales aux accents miélés.

 

À la maison, nous somme partagés. L’homme semble fidèle à la recette originale, Frisouille adore « la Rose », quant à moi j’ai un faible pour le carnet d’Arménie…

 

 

 

 

 

 

 

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